Notre avis sur le Shangri-La Le Touessrok, renaissance d’une légende à Maurice
Le pitch ?
L’histoire raconte qu’en 1915, Henri Wiehé, planteur revenant de ses champs, tombe sous le charme d’une anse de sable blond bordée d’eaux cristallines, à l’est de l’île, au lieu-dit de Trou d’Eau Douce. Il obtient facilement des autorités britanniques un titre de propriété de cette lande, que son épouse, d’origine bretonne, baptise Tu-es-roc, en souvenir d’un rocher qui s’avançait dans la mer dans sa région natale. Le couple y construit un cabanon de bois (« campement »), villégiature dominicale recevant famille et amis. La petite fille d’Henri Wiehé, Jacqueline Dalais et son mari Cyril, agrandissent les lieux et ouvrent au début des années 60 une maison d’hôtes de quelques clés, pourvue d’une excellente table, les talents de Jacqueline attirant les rares touristes et surtout les employés des plantations de canne à sucre séjournant le week-end à Touessrok. Jacques Brel aime venir s’y reposer après ses tournées dans les îles tropicales.
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Sur l’îlot Mangenie © PG
L’indépendance de l’île Maurice en 1968 booste sa promotion à l’étranger, les touristes se font plus nombreux et quelques bungalows sont ajoutés. En 1976, une compagnie sucrière rachète la propriété à la suite du décès de Cyril Dalais, fait table rase de l’existant pour reconstruire ce qu’elle ambitionne être le premier hôtel de luxe de l’île Maurice. Une centaine de chambres (puis 200), de nombreuses activités (golf 18 trous, pêche au gros, plongée…) se déploient ainsi sur trois îlots, 34 hectares de jardins et 6 plages. Gastronomie de haut niveau et excellence du service assoient la réputation de l’adresse, cultivant ainsi la fidélité de ses hôtes. Têtes couronnées, stars internationales et personnalités politiques tombent tous sous le charme.
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Coco’s Terrace © Shangri La
Opéré par différents groupes de management cinq étoiles, Le Touessrok porte désormais l’insigne hong-kongaise Shangri-La. Sa mémoire demeure incarnée par certains de ses employés, dans les murs depuis l’ouverture. Natif de l’île, Frédéric de Marcy Chelin, le directeur de l’hôtel, a orchestré une rénovation de quelques mois à l’occasion des 45 ans du resort pour surprendre les habitués et séduire une nouvelle clientèle. Depuis décembre 2024, Le Touessrok 5* écrit donc une nouvelle page de son histoire.
Comment est l’hôtel ?
Un banyan grandiose, des bruissements d’eau et le son du gong signent l’arrivée après 50 minutes de route depuis l’aéroport. Soigné et luxuriant, le décor naturel suscite une première émotion et marque la coupure – que les expériences du séjour entretiendront – avec le monde extérieur. Un « ambassadeur » nous accueille – l’art de recevoir qui a tant fait la réputation de l’hôtel avec plage à Maurice trouve ici sa juste expression – et nous mène vers des canapés confortables cernés d’œuvres d’artistes locaux, pour un petit aperçu des facilités à disposition. Le parfum signature cultive l’exotisme… Une atmosphère tropicale chic infuse de la nouvelle décoration imaginée par la designeuse Asmaa Said, créatrice du cabinet The Odd Duck de Dubaï, qui s’est inspirée des couleurs, des racines et de l’histoire de l’île, pour offrir une expérience à la fois plus authentique et plus contemporaine (certains espaces portaient un peu trop l’héritage des années passées…). Motifs botaniques, matériaux locaux et palette de couleurs naturelles conjuguent fraîcheur et pep’s.
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Le Coco’s Beach Bar
Cœur de l’hôtel et restaurant principal, le TSK (Touessrok Soul Kitchen) est telle une maison mauricienne dotée d’une salle à manger élégante, d’une cuisine ouverte animée, d’une véranda lumineuse, d’un coin bibliothèque cosy et d’une belle terrasse lorgnant la piscine et la mer, où l’on s’attable dès le petit-déjeuner. Au dîner, les saveurs de l’île Maurice côtoient les suggestions plus internationales, au gré de comptoirs variés.
A l’endroit exact où se dressait le fameux cabanon originel se dresse désormais Coco’s, une beach house contemporaine frappée d’un art de vivre balnéaire élégant. Architecture coloniale, œuvres d’art indigène, éléments de déco mauriciens (comme cette lampe au pied « dodo », oiseau symbole disparu au XVIIIe siècle) composent un décor chaleureux que rehausse un éclairage étudié. Recettes mauriciennes classiques ou revisitées, fortes de produits locaux et de fruits de mer frais, composent une transition parfaite après un verre au bar lounge offrant une large sélection de rhums du cru.
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L’une des piscines du Touessrok © Shangri-La
Le voyage culinaire fait aussi une halte en Inde du Sud, au Safran, où dans une ambiance tamisée on admire le ballet des chefs cuisinant dans des fours tandoor, avant de profiter de performances musicales tout au long du dîner.
Restaurant signature, l’incontournable Kushi promet une expérience culinaire d’exception, entre menu omakase ou teppanyaki, comptoir de sushis, assiettes débordantes de créativité et de subtilité, arrosées de sakés rares. Son design élégant intimiste empreinte à l’esthétique traditionnelle du Japon, avec ses luminaires origami et sa splendide fresque peinte à la main.
Et pour finir la soirée, direction le Séga Bar pour un aperçu de l’héritage de l’île Maurice au travers de cocktails créations à base de rhums locaux et fruits frais. Bartender parmi les plus connus au monde – il a officié 30 ans au bar Hemingway du Ritz à Paris – Colin Field fait escale plusieurs fois par an au Touessrok pour parfaire et agrémenter la carte des cocktails.
Comment sont les chambres ?
102 chambres et 80 suites (dont 15 suites signature), de minimum 56 m² (jusqu’à 130 m² pour les suites), réparties dans trois ailes, offrent une vue océan ou un accès direct à la plage. Sobriété et éléments décoratifs naturels – quelques touches colorées pour le rappel tropical – attestent du parti pris de laisser la vedette à l’océan Indien qui leur fait face, et à ses nuances évoluant au gré du rayonnement solaire et des caprices du vent. Trois villas de 423 m², pourvues de trois chambres, d’une terrasse, d’une piscine privée et d’un accès privilégié à la plage, cultivent intimité et l’exclusivité d’un majordome et d’un chef dédiés, services premiums au diapason.
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Coral Beachfront Kingsize Bed © Shangri-La
Ce qui fait la différence
Outre les nombreuses plages s’égrainant le long de l’hôtel, il est un trésor unique au lieu : l’îlot Mangénie. Accessible en 10 minutes de bateau-navette, ce petit confetti naturel et privé est un voyage dans le voyage. Lagon turquoise, lits de plage et restaurant pieds dans le sable (poissons grillés et incontournable pizza aux truffes) signent cette robinsonnade privilégiée, le service aux petits soins en prime : toute arrivée sur l’île débute par un nettoyage minutieux de nos lunettes de soleil, et on va jusqu’à nous proposer de nous appliquer de la crème solaire ! Si l’îlot est aménagé pour partie, le reste est vierge et il est particulièrement agréable de « l’explorer » le temps d’une longue balade.
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Sega Bar
Bon à savoir
Pour tout séjour de cinq nuits ou plus, les green fees sont offerts avec une partie quotidienne de golf aux clubs de l’île aux Cerfs et d’Anahita, deux des plus beaux parcours au monde. Et pendant que l’on foule le gazon, les enfants s’éclatent au kids club, le plus grand de la région, avec des activités intérieures et extérieures du matin au soir : piscine dédiée avec cours de natation, chasse au trésor sur la plage, cours de paddle, séances de cinéma, soirées à thème…
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Ilot Mangénie © DC
Ce qu’il faut retenir ?
L’hôtel propose une série d’expériences signatures remarquables et de très haut niveau, permettant d’agrémenter quotidiennement le séjour de souvenirs qui feront mouche (sans parler des posts Instagram où l’envie disputera la jalousie de certains proches…). Citons notamment le Chic Champagne Cruise, petit-déjeuner sucré-salé sur un bateau raffiné aux couleurs de la maison de champagne partenaire (à l’étiquette orange, pour ceux qui auront la référence…), avec nappe, vaisselle élégante et navigation entre mangrove et lagon ; ou encore la virée en vélo électrique à travers les champs de canne à sucre vers le marché voisin de Flacq, pour faire le plein d’épices et goûter à l’ambiance locale ; les amateurs apprécieront la dégustation de vins à la Vinoteca avec James Barnett, chef sommelier très pédagogue et particulièrement attaché à faire voyager le visiteur dans des terroirs viticoles méconnus ; une dégustation toujours, mais de plats italiens à Il Giardino, table dressée directement dans le jardin du chef ; ou encore Dine By Design, concept de dîner sous les étoiles ou sous un dôme transparent…
Les 5 choses que l’on a aimées au Shangri-La Le Touessrok
- L’espace dont jouit l’hôtel – 34 hectares peuplés de végétation – permettant de proposer une zone adulte avec piscine ad hoc et une zone plus familiale. Couples comme tribu peuvent ainsi cohabiter sans regretter un manque d’intimité ou de liberté.
- Le service à la hauteur de la légendaire réputation : bienveillance et confort des hôtes animent un personnel désireux de créer du lien
- La soirée hebdomadaire mauricienne au Four à Chaux : dans une ambiance très animée façon guinguette tropicale, entre barbecues, saveurs locales épicées et cocktails au rhum, on plonge dans les racines de l’île mêlant danse et partage.
- Chi, The Spa, sanctuaire de bien-être mêlant thérapies très pointues, rituels anciens aux effluves locales et soins personnalisés et ciblés avec les protocoles sur mesure Biologique Recherche, marque française haut de gamme.
- Sa démarche RSE plus soutenue depuis sa rénovation, avec le bannissement des bouteilles plastiques, un sourcing local, une politique énergétique autour des panneaux solaires, un arrosage à l’eau recyclée, des cartes-clés en bois pour les chambres…
Shangri-La Le Touessrok
Coastal Road, Trou d’Eau Douce, Maurice
185 clés à partir de 450 euros la nuit en chambre double et petit-déjeuner